Harcèlement et cyberharcèlement chez les jeunes : comprendre, prévenir et agir

20 Fév 2020 | Éducation aux médias, Ressources

Le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement peuvent avoir de lourdes conséquences sur le bien-être des enfants et des adolescents : angoisse, sentiment d’insécurité, isolement, perte de confiance en soi ou encore décrochage scolaire.

Qu’il se manifeste à l’école, dans les loisirs ou sur les réseaux sociaux, le harcèlement repose sur des comportements qui portent atteinte à la dignité et au bien-être d’une personne.

Comment reconnaître une situation de harcèlement ? Quelles sont ses différentes formes ? Comment réagir lorsqu’on en est victime ou témoin ? Et vers qui se tourner pour obtenir de l’aide ?

Le Centre Ener’J fait le point sur cette problématique et propose des conseils pour mieux comprendre, prévenir et agir face au harcèlement.

Qu’est-ce que le harcèlement ?

Le harcèlement est une forme de violence qui peut être physique, verbale, psychologique, matérielle ou sexuelle. Il peut survenir dans de nombreux environnements : à l’école, en famille, dans les relations amicales, au travail, dans les loisirs ou encore sur Internet.

Dans le cadre scolaire, il se caractérise généralement par des comportements hostiles et répétés, exercés par une ou plusieurs personnes à l’encontre d’un jeune qui éprouve des difficultés à se défendre.

Pour mieux reconnaître ces situations, le Centre de Référence et Intervention – Harcèlement (CRIH) propose quatre critères, résumés par l’acronyme RAIN :

  • R – Répétition : les comportements problématiques se reproduisent dans le temps.

  • A – Asymétrie : un déséquilibre existe entre les personnes concernées, notamment en matière de force, de nombre, d’âge ou de statut.

  • I – Intentionnalité : les comportements visent à nuire, même si cette intention peut être difficile à établir.

  • N – Nuisance : la personne ciblée ressent une souffrance ou subit des conséquences négatives.

Ces critères permettent de mieux comprendre les mécanismes du harcèlement scolaire. Ils ne constituent toutefois pas une liste de conditions juridiques à remplir pour demander de l’aide ou signaler des faits.

Harcèlement ou simple taquinerie ?

Il n’est pas rare que des jeunes se taquinent. Ces échanges peuvent faire partie des relations amicales, à condition qu’ils soient réciproques et respectueux.

La situation devient préoccupante lorsque les plaisanteries se transforment en humiliations, en moqueries répétées ou en comportements hostiles qui provoquent une souffrance.

Une plaisanterie n’en est plus une lorsque la personne qui la subit ne la trouve pas drôle et que les comportements continuent malgré son malaise.

Il est essentiel de prendre en considération le ressenti de la personne concernée, même lorsque les auteurs affirment qu’ils voulaient simplement rire.

Les différentes formes de harcèlement

Le harcèlement ne se limite pas aux coups ou aux insultes. Il peut prendre différentes formes, parfois moins visibles, mais tout aussi préjudiciables.

La violence physique

Elle se manifeste par des coups, des bousculades, des agressions physiques ou encore l’obligation de participer à des jeux dangereux et à des défis humiliants.

Ces comportements peuvent instaurer un véritable climat de peur et d’insécurité.

La violence morale ou psychologique

Elle comprend les paroles blessantes, les insultes, les menaces, les humiliations, les rumeurs ou encore l’exclusion volontaire d’une personne.

Cette forme de violence, parfois difficile à identifier, peut entraîner une perte de confiance en soi, un sentiment de dévalorisation et un isolement progressif.

La violence matérielle

Elle concerne la détérioration, la disparition ou la destruction volontaire d’objets personnels : vêtements déchirés, matériel scolaire abîmé, affaires dissimulées…

L’objectif est souvent d’intimider ou d’humilier la personne ciblée.

La violence sexuelle

Elle peut prendre la forme de propos obscènes, de remarques sexistes, de rumeurs sur la sexualité d’une personne, de gestes déplacés ou d’attouchements non consentis.

Ces comportements portent atteinte à l’intimité, à la dignité et à l’intégrité de la personne.

La violence alimentaire

Moins connue, cette forme de violence consiste à utiliser la nourriture pour humilier ou intimider : renverser un plateau, jeter un repas, verser de l’eau sur les aliments ou voler régulièrement le dîner d’un élève.

Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?

Le cyberharcèlement désigne les comportements de harcèlement qui se déroulent dans l’espace numérique : réseaux sociaux, messageries instantanées, jeux en ligne, forums, courriers électroniques ou téléphones portables.

Il peut prendre différentes formes :

  • Envoi répété de messages insultants, menaçants ou humiliants.

  • Publication de commentaires injurieux sur les réseaux sociaux.

  • Propagation de rumeurs ou de fausses informations.

  • Création de faux profils ou usurpation d’identité.

  • Piratage de comptes et utilisation abusive de données personnelles.

  • Diffusion de photos ou de vidéos sans le consentement de la personne concernée.

  • Exclusion ou humiliation organisée au sein de groupes de discussion.

Le cyberharcèlement peut prolonger une situation déjà présente à l’école, mais il peut également se produire indépendamment de celle-ci.

​

Pourquoi le cyberharcèlement est-il particulièrement préoccupant ?

Contrairement au harcèlement qui se déroule dans un espace physique, le cyberharcèlement peut atteindre une personne à tout moment, y compris lorsqu’elle se trouve chez elle.

Plusieurs caractéristiques amplifient ses conséquences :

  • L’anonymat : les auteurs peuvent utiliser de faux profils ou masquer leur identité.

  • L’absence de face-à-face : la distance créée par les écrans peut favoriser des comportements que certaines personnes n’adopteraient pas directement.

  • La permanence : les publications et les messages peuvent rester accessibles, être enregistrés ou réapparaître après leur suppression.

  • La diffusion rapide : une photo, une vidéo ou une rumeur peut être partagée avec un grand nombre de personnes en quelques instants.

La multiplication des spectateurs et la circulation des contenus peuvent accentuer le sentiment d’humiliation, de perte de contrôle et d’insécurité.

Les différentes formes de harcèlement et de cyberharcèlement : quelques termes à connaître

Le harcèlement et le cyberharcèlement regroupent des comportements variés, parfois désignés par des termes spécifiques.

Bullying et cyberbullying

Le bullying désigne des comportements d’intimidation et de harcèlement répétés : moqueries, insultes, bousculades, humiliations ou exclusion.

Lorsque ces comportements se produisent dans l’espace numérique, on parle de cyberbullying.

Mobbing

Le mobbing désigne des comportements hostiles exercés de manière répétée par plusieurs personnes à l’encontre d’un individu, au sein d’un groupe.

L’objectif peut être de l’isoler, de l’exclure ou de le dévaloriser.

Flaming

Le flaming consiste à publier des messages particulièrement agressifs, insultants ou provocateurs dans des discussions en ligne, sur des forums ou sur les réseaux sociaux.

Doxing

Le doxing consiste à rechercher et à divulguer publiquement des informations personnelles concernant une personne, généralement dans le but de lui nuire, de l’intimider ou de l’exposer à d’autres attaques.

Happy slapping

Le happy slapping, également appelé vidéo-lynchage, consiste à filmer une agression, généralement physique, afin d’en diffuser les images, notamment sur les réseaux sociaux.

Slut shaming

Le slut shaming consiste à humilier ou à stigmatiser une personne, généralement une fille ou une femme, en raison de son apparence, de sa tenue vestimentaire ou de sa sexualité réelle ou supposée.

Diffusion non consentie d’images intimes

Parfois désignée par l’expression revenge porn, cette pratique consiste à partager des images ou des vidéos intimes d’une personne sans son consentement.

Cette diffusion peut avoir lieu dans le cadre d’une vengeance, mais également pour humilier, exercer un chantage ou porter atteinte à la réputation de quelqu’un.

Usurpation d’identité et piratage

L’usurpation d’identité consiste à se faire passer pour une autre personne, par exemple en créant un faux profil ou en envoyant des messages en son nom.

Le piratage consiste à accéder sans autorisation à un compte ou à des données informatiques, parfois pour récupérer des informations personnelles ou diffuser des contenus.

Sextos non désirés et harcèlement sexuel en ligne

L’envoi répété de messages, de propositions ou de contenus à caractère sexuel non sollicités peut constituer une forme de harcèlement.

Il est important de distinguer ces comportements des échanges intimes consentis entre personnes.

Intimidation et racket

L’intimidation consiste à provoquer volontairement un sentiment de peur ou d’insécurité chez une personne.

Le racket repose sur des menaces, des pressions ou des violences visant à obtenir de l’argent ou des biens.

Ces comportements peuvent également se produire dans l’espace numérique.

​

Quels sont les principaux acteurs du harcèlement ?

Une situation de harcèlement ne concerne pas uniquement la personne qui harcèle et celle qui subit les faits. Les témoins et l’entourage jouent également un rôle important.

La personne harcelée

Toute personne peut être victime de harcèlement, quels que soient son âge, son apparence ou sa personnalité.

Les attaques peuvent notamment viser :

  • L’apparence physique : poids, taille, couleur des cheveux…
  • L’origine réelle ou supposée, la couleur de peau, l’accent ou la religion.
  • Le style vestimentaire ou les centres d’intérêt.
  • La situation sociale ou familiale.
  • Les résultats scolaires ou certains comportements.
  • Le genre ou l’orientation sexuelle réelle ou supposée.

Aucune différence, caractéristique personnelle ou attitude ne justifie le harcèlement.

La personne qui harcèle

Il s’agit de la personne qui adopte des comportements visant à intimider, humilier, exclure ou nuire à quelqu’un.

Le harcèlement peut être exercé individuellement ou collectivement. Il peut également s’inscrire dans des dynamiques de groupe où certains comportements sont encouragés ou banalisés.

Les témoins

Les témoins peuvent jouer un rôle déterminant.

En riant, en partageant des contenus humiliants ou en encourageant les auteurs, ils peuvent contribuer à renforcer la situation.

À l’inverse, leur soutien, leur témoignage et leur capacité à alerter un adulte ou une personne responsable peuvent aider à interrompre le harcèlement.

Quelles sont les conséquences du harcèlement ?

Le harcèlement peut avoir des répercussions importantes sur la santé physique, psychologique et sociale des jeunes.

Parmi les conséquences possibles, on retrouve :

  • L’anxiété, l’angoisse et le sentiment d’insécurité.

  • La perte de confiance et d’estime de soi.

  • L’isolement et les difficultés relationnelles.

  • Les troubles du sommeil, de l’humeur ou du comportement.

  • Les difficultés de concentration et la baisse des résultats scolaires.

  • L’absentéisme et le décrochage scolaire.

  • Les symptômes dépressifs et, dans certaines situations graves, les idées ou comportements suicidaires.

Ces conséquences varient d’une personne à l’autre. Une situation qui peut paraître anodine à certains peut avoir des effets considérables sur celui ou celle qui la subit.

Il est donc essentiel de prendre au sérieux les premiers signes de souffrance et de ne pas attendre que la situation s’aggrave pour intervenir.

Comment prévenir le harcèlement et le cyberharcèlement ?

La prévention repose avant tout sur le respect des autres, le dialogue et l’apprentissage d’un usage responsable des outils numériques.

Voici quelques bonnes pratiques pour limiter les risques.

Protéger ses informations personnelles

Évite de rendre publiques des informations sensibles comme ton adresse, ton numéro de téléphone, tes habitudes de déplacement ou ta localisation.

Pense également à désactiver la géolocalisation lorsque celle-ci n’est pas nécessaire.

Paramétrer ses réseaux sociaux

Vérifie les paramètres de confidentialité de tes comptes.

Tu peux notamment choisir qui peut consulter tes publications, t’envoyer des messages, te mentionner ou commenter tes contenus.

Sécuriser ses comptes

Utilise des mots de passe longs, uniques et différents pour chaque service.

Ne les communique à personne et active, lorsque c’est possible, la double authentification.

Réfléchir avant de publier ou de partager

Avant de publier une photo, une vidéo ou un commentaire, demande-toi si le contenu pourrait porter atteinte à quelqu’un.

Respecte également le droit à l’image et la vie privée des autres.

Un contenu diffusé en ligne peut être enregistré ou partagé, même après sa suppression.

Apprendre à dire non

Tu as le droit de refuser une demande, de quitter une conversation ou de prendre de la distance avec des personnes dont les comportements te mettent mal à l’aise.

Tu n’es pas obligé de répondre aux messages qui te blessent ou t’intimident.

Rester attentif à son identité numérique

Il peut être utile de rechercher occasionnellement son nom sur Internet et de vérifier les informations accessibles publiquement.

Cela permet notamment de repérer d’éventuels faux profils ou des contenus publiés sans autorisation.

​

​Tu es victime de harcèlement ? Comment réagir ?

Si tu subis une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement, plusieurs démarches peuvent t’aider à te protéger et à trouver du soutien.

1. Parles-en à une personne de confiance

 

C’est l’une des premières choses à faire.

Adresse-toi à un parent, un enseignant, un éducateur, un animateur ou un autre adulte en qui tu as confiance.

Explique ce que tu vis, même si tu as peur de ne pas être compris ou de ne pas être pris au sérieux.

Tu n’as pas à gérer cette situation seul.

2. Évite d’alimenter les échanges

 

En cas de cyberharcèlement, tu n’es pas obligé de répondre aux insultes, aux provocations ou aux menaces.

Évite les confrontations qui pourraient aggraver la situation et privilégie la recherche d’aide auprès d’une personne de confiance.

 

3. Bloque et signale les comptes problématiques

 

Les réseaux sociaux et les messageries proposent des outils permettant de bloquer des utilisateurs et de signaler des contenus abusifs.

Utilise ces fonctionnalités pour limiter les interactions et demander le retrait des publications problématiques.

Pense à conserver les preuves avant de supprimer des échanges ou de bloquer un compte.

 

4. Note les faits

 

Essaie de constituer un historique précis des événements.

Pour chaque situation, indique si possible :

  • La date et l’heure.
  • Le lieu ou la plateforme concernée.
  • Les faits qui se sont produits.
  • Les personnes impliquées.
  • Les témoins éventuels.

Cette chronologie pourra faciliter les démarches auprès de l’école, d’un service d’accompagnement ou de la police.

 

5. Conserve les preuves

 

Garde les SMS, les messages, les courriels, les captures d’écran, les photos ou tout autre élément permettant de documenter la situation.

En cas de cyberharcèlement, conserve également les liens vers les publications et les informations concernant les comptes impliqués.

Évite toutefois de repartager des contenus humiliants ou intimes. Pour des images intimes impliquant des mineurs, demande conseil à un service spécialisé sur la manière de les signaler sans les conserver ni les diffuser davantage.

 

6. Demande de l’aide à un service spécialisé

 

Des professionnels et des structures d’accompagnement peuvent t’écouter, répondre à tes questions et t’aider à trouver des solutions adaptées.

Tu trouveras plusieurs contacts utiles à la fin de cet article.

 

7. Envisage un dépôt de plainte

 

Si les faits sont graves, persistent ou constituent une infraction, il est possible de s’adresser à la police.

Les preuves et les informations recueillies pourront être utiles pour expliquer la situation.

Un dépôt de plainte ne garantit pas automatiquement une condamnation, mais il permet de signaler officiellement les faits aux autorités compétentes.

Vous êtes parent ? Comment accompagner votre enfant ?

Les parents jouent un rôle essentiel dans la prévention et l’accompagnement des situations de harcèlement.

Favoriser le dialogue

Abordez régulièrement les relations sociales, la vie scolaire et les activités numériques de votre enfant.

Privilégiez une écoute attentive, sans jugement ni culpabilisation, afin qu’il puisse parler librement de ses difficultés.

Être attentif aux changements de comportement

Un repli sur soi, une anxiété inhabituelle, des troubles du sommeil, une réticence à se rendre à l’école ou une utilisation soudainement différente des réseaux sociaux peuvent être des signes de mal-être.

Ils ne signifient pas nécessairement qu’un enfant est harcelé, mais méritent d’être pris en considération.

Accompagner les usages numériques

Plutôt que d’interdire systématiquement l’accès aux réseaux sociaux, il est préférable de sensibiliser les jeunes aux risques et de les accompagner dans leur utilisation.

Intéressez-vous aux applications utilisées, aux paramètres de confidentialité et aux interactions en ligne.

Conserver les preuves et contacter les interlocuteurs adaptés

En cas de harcèlement, conservez les éléments utiles pour documenter les faits.

Lorsque la situation est liée à l’école, contactez l’équipe éducative, la direction ou le Centre PMS (psycho-médico-social).

Selon la gravité de la situation, un accompagnement spécialisé ou un dépôt de plainte peut également être envisagé.

Vous êtes enseignant ou professionnel de l’éducation ? Comment agir ?

L’école et les professionnels qui accompagnent les jeunes occupent une place centrale dans la prévention du harcèlement.

Sensibiliser aux comportements et à leurs conséquences

 

Abordez les différentes formes de harcèlement avec les élèves, notamment à travers des discussions, des animations ou des activités d’éducation aux médias.

L’objectif est de développer l’empathie, l’esprit critique et la compréhension des conséquences de certains comportements.

 

Construire des règles collectives

 

Une charte élaborée avec les jeunes peut contribuer à définir les comportements acceptables et les moyens de réagir lorsqu’une situation problématique survient.

Il est également important d’identifier clairement les adultes de confiance et les dispositifs permettant de signaler les faits.

 

Être attentif aux signaux

 

L’isolement, les changements de comportement, les difficultés scolaires ou les tensions au sein d’un groupe peuvent révéler une situation préoccupante.

Il est important de rester vigilant et d’intervenir sans banaliser les faits.

 

Impliquer les témoins

 

Les témoins peuvent contribuer à limiter ou à amplifier une situation de harcèlement.

Sensibilisez-les à leur rôle, encouragez-les à soutenir les personnes ciblées et à solliciter l’aide d’adultes responsables.

 

Collaborer avec les services compétents

 

En cas de situation avérée ou suspectée, mobilisez les ressources de l’établissement et les services d’accompagnement, notamment le Centre PMS.

La prévention et la gestion du harcèlement nécessitent une démarche collective et concertée.

Tu es témoin de harcèlement ? Tu peux agir !

Être témoin d’une situation de harcèlement ne signifie pas être impuissant.

Même sans intervenir directement, plusieurs gestes peuvent faire la différence.

 

Ne participe pas aux humiliations

 

Ne partage pas les publications blessantes, les vidéos humiliantes ou les rumeurs.

Évite également de liker ou de commenter les contenus qui s’en prennent à une personne.

Chaque interaction peut contribuer à donner davantage de visibilité à ces contenus.

 

Soutiens la personne concernée

 

Prends de ses nouvelles, écoute-la et montre-lui qu’elle n’est pas seule.

Tu peux également l’accompagner dans ses démarches ou l’encourager à parler à un adulte de confiance.

 

Signale les faits

 

Si tu assistes à une situation de harcèlement, préviens un adulte responsable ou un service compétent.

En ligne, utilise les outils de signalement proposés par les plateformes.

 

Conserve les éléments utiles

 

Si tu disposes de messages, de captures d’écran ou d’autres éléments permettant de documenter une situation, ils peuvent être utiles.

Veille toutefois à ne pas participer à leur diffusion et à respecter la vie privée des personnes concernées.

Agir contre le harcèlement ne signifie pas nécessairement affronter directement son auteur. Demander de l’aide, soutenir une personne ou signaler les faits constitue déjà une intervention importante.

Que dit la loi belge sur le harcèlement et le cyberharcèlement ?

En Belgique, le harcèlement est punissable par la loi, y compris lorsqu’il se déroule dans l’espace numérique.

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal, le 1er septembre 2026, le harcèlement est notamment encadré par les articles 237 et 238.

Le harcèlement : article 237

L’article 237 sanctionne les comportements qui perturbent délibérément et gravement la tranquillité d’une personne, lorsque leur auteur savait ou aurait dû savoir qu’ils auraient de telles conséquences.

Sur le plan juridique, un acte unique peut, dans certaines circonstances, suffire à caractériser cette infraction.

Le harcèlement est puni d’une peine de niveau 2. Selon les circonstances et les décisions judiciaires, celle-ci peut notamment prendre la forme :

  • D’un emprisonnement de six mois à trois ans.
  • D’une peine de travail de plus de 120 heures à 300 heures.
  • D’une surveillance électronique.
  • D’une peine de probation.
  • D’autres mesures prévues par la loi.

Ces sanctions sont des possibilités prévues par le Code pénal et ne sont pas toutes appliquées automatiquement.

Le harcèlement aggravé : article 238

La loi prévoit une peine de niveau 3 dans certaines situations, notamment lorsque :

  • La victime est mineure ou en situation de vulnérabilité.
  • L’auteur occupe une position d’autorité ou de confiance à son égard.
  • Les faits sont commis par plusieurs personnes.

D’autres comportements associés au cyberharcèlement, tels que les menaces, l’usurpation d’identité ou la diffusion non consentie d’images intimes, peuvent également relever de dispositions pénales spécifiques.

Le harcèlement n’est donc pas une simple plaisanterie lorsqu’il porte gravement atteinte à la tranquillité, à la dignité ou à l’intégrité d’une personne.

Qui contacter en cas de harcèlement ou de cyberharcèlement ?

Que tu sois victime, témoin ou proche d’une personne harcelée, plusieurs services peuvent t’écouter et t’accompagner.

Les services d’écoute et d’aide

Écoute-Enfants – 103

Une ligne gratuite et anonyme destinée aux enfants et aux adolescents qui souhaitent parler de leurs difficultés, notamment de harcèlement, de relations familiales ou amicales.

Accessible tous les jours, de 10 h à minuit.

Site : https://www.103ecoute.be/

Écoute École/Parents – 0800 95 580

Une ligne d’écoute et d’information destinée notamment aux parents confrontés à des situations de violence ou de harcèlement en milieu scolaire.

Télé-Accueil – 107

Un service d’écoute généraliste, gratuit, anonyme et accessible 24 h/24, 7 j/7.

Site : https://www.tele-accueil.be/

Centre de Prévention du Suicide – 0800 32 123

Une ligne d’écoute gratuite et anonyme, disponible 24 h/24, 7 j/7, pour les personnes confrontées à des idées suicidaires ou inquiètes pour un proche.

Site : https://www.preventionsuicide.be/

Child Focus – 116 000

Un service d’aide notamment destiné aux situations de disparition et d’exploitation sexuelle d’enfants, ainsi qu’à certaines situations graves impliquant des mineurs sur Internet.

Ligne disponible 24 h/24, 7 j/7.

Site : https://childfocus.be/

En cas de danger immédiat, contacte les services d’urgence au 112.

Les structures d’accompagnement à Charleroi et dans les environs

Dans ma Ruch’

Une association engagée dans la lutte contre le harcèlement sous toutes ses formes.

Téléphone : 0468 08 91 30
E-mail : dansmaruchasbl@gmail.com

Les Mots de Tom

Une association de sensibilisation aux conséquences du harcèlement scolaire.

Téléphones : 0479 85 93 20 – 0492 47 03 89
E-mail : info@lesmotsdetom.be

AMO Point Jaune

Un service d’actions en milieu ouvert qui accompagne les jeunes confrontés à des difficultés.

Rue du Palais 12, 6000 Charleroi
Téléphone : 071 33 32 00
E-mail : equipe@pointjaune.be

AMO Mikado

Un service d’actions en milieu ouvert proposant un accompagnement aux jeunes.

Rue des Gravelles 72, 6200 Châtelet
Téléphones : 071 40 08 04 – 0495 26 84 88
E-mail : equipe@amo-mikado.be

Service Droits des Jeunes (SDJ)

Un service destiné notamment aux jeunes en difficulté, confrontés à une injustice ou souhaitant obtenir des informations sur leurs droits.

Boulevard de Fontaine 17, 6e étage, 6000 Charleroi
E-mail : charleroi@sdj.be

Centre d’aide aux victimes de Charleroi

Un service communal d’accompagnement des victimes de violences, de leurs proches et des témoins.

Téléphones : 071 86 15 12 – 0479 48 36 12
E-mail : cps.aide.victimes@charleroi.be

Le Centre Ener’J vous accompagne

Le harcèlement et le cyberharcèlement sont des problématiques qui concernent l’ensemble de la société.

À travers ses animations et ses actions de sensibilisation, le Centre Ener’J accompagne les jeunes dans leur réflexion autour des relations sociales, de l’éducation aux médias, des stéréotypes, des discriminations et des usages numériques.

L’objectif est de leur donner des outils pour mieux comprendre les mécanismes du harcèlement, développer leur esprit critique et adopter des comportements respectueux, en ligne comme hors ligne.

Le Centre Ener’J propose également des animations à destination des établissements scolaires et des groupes de jeunes.

Le harcèlement, c’est l’affaire de tous !

Télécharger notre livret d’information

Pour approfondir le sujet, retrouvez notre livret « Dire stop au harcèlement chez les jeunes ».

Ce document rassemble des informations, des conseils de prévention et des contacts utiles pour les jeunes, les parents, les enseignants et les témoins de harcèlement.