Sur TikTok, YouTube ou Twitter, des idées d’extrême droite circulent de plus en plus sur Internet. Derrière une blague, un mème, un débat, une idéologie radicale s’infiltre et se banalise.
Ce phénomène, appelé « pop-fascisme » repris par le média indépendant Blast, repose sur une technique bien rodée : rendre les idées d’extrême droite séduisantes en les glissant subtilement (mais de moins en moins) dans la culture Web. Mèmes, vidéos d’influenceurs, podcasts, débats en live… Tout est bon pour faire passer des messages radicaux.

Mais alors, comment ça fonctionne ? Pourquoi ces discours cartonnent autant en ligne ? Et surtout, comment les repérer et garder un esprit critique ? On va décrypter ensemble cette bataille culturelle qui se joue sur nos écrans.
Commençons par le commencement …
La fenêtre d’Overton
On en parle beaucoup pour comprendre la montée de l’extrême droite ces derniers temps : la fenêtre d’Overton. Ce concept explique comment une idée, en étant de plus en plus exposée, devient collectivement acceptable. Ce qui semblait impensable hier finit par passer crème aujourd’hui. Ainsi on sera de moins en moins choqué par des paroles racistes, sexistes, complotistes ou anti écolos.
Jette un œil à cette vidéo qui t’en dit un peu plus
Pourquoi c’est dangereux
Ces contenus prennent de l’ampleur et plongent les utilisateurs dans une bulle où les informations vont toutes dans le même sens. À la longue, certaines personnes en viennent à accepter, voire à adopter, des idéologies racistes, fascistes, sexistes et ultralibérales, souvent associées à l’extrême droite. Ainsi, malgré les nombreuses preuves historiques des dérives tragiques de l’extrême droite, les partis qui véhiculent ces idées gagnent en popularité.

Comment les créateurs de contenus d’extrême droite arrivent à convaincre ?
1️ L’humour comme arme
Blagues, mèmes, ironie… L’humour est souvent utilisé pour faire passer des messages radicaux sans en avoir l’air. Cela permet de banaliser des discours extrêmes et de les rendre plus acceptables.
2️ Caricaturer l’adversaire
L’extrême droite présente souvent les mouvements progressistes comme des adeptes du « wokisme » extrême, suggérant qu’ils veulent censurer toute parole, imposer une pensée unique ou encore le féminisme présenté comme une « haine des hommes ». Ces mouvements ou idéologies sont réduits à la caricature. Résultat : on se moque des représentants de ces combats ou juste même des personnes qui les soutiennent au lieu de comprendre leurs combats et leurs vraies revendications.
3️ L’effet de normalisation
Au début, certaines idées peuvent sembler choquantes. Mais à force de les voir partout, elles finissent par paraître normales. On en revient à la fenêtre d’Overton citée plus haut.
4️ La boucle de confirmation
Les algorithmes te poussent à voir toujours plus de contenus similaires. Petit à petit, tu t’enfermes dans une bulle où ces idées dominent, rendant difficile la remise en question.
5️ L’illusion de vérité
À force de voir les mêmes arguments répétés en boucle, on finit par croire qu’ils sont vrais, même s’ils sont faux. Cela renforce les biais et empêche la pensée critique.
6️ La viralité des idées
Les contenus choquants et polémiques se propagent très vite. Les contenus plus nuancés et reposants sur des faits sont moins attractifs car ils touchent moins à l’émotionnel. En quelques heures, une vidéo radicale peut toucher des milliers de personnes, amplifiant son influence, notamment chez les jeunes.
Comment lutter contre la montée de l’extrême droite en ligne ?
Face à la diffusion d’idées d’extrême droite sur Internet et plus largement dans le débat public, il est essentiel de développer un esprit critique et de ne pas se laisser manipuler.

Fais gaffe à l’info en ligne !
Sur Internet, tout va très vite, mais ça ne veut pas dire que tout est vrai. Avant de croire ou de partager une info, vérifie d’où elle vient et croise différentes sources. Pose-toi les bonnes questions : qui diffuse ce message et pourquoi ? En développant ton esprit critique, tu évites de tomber dans le piège des fausses infos et des manipulations.
Attention aux messages cachés
Les mèmes et blagues peuvent sembler drôles, mais certains banalisent des idées extrêmes. Méfie-toi aussi des discours qui opposent un « nous » contre un « eux », car ils cherchent souvent à désigner des coupables. Les fake news et théories du complot jouent sur nos émotions pour nous manipuler, alors garde toujours un œil critique !
Sors de ta bulle !
Les réseaux sociaux te montrent surtout ce que tu aimes déjà, mais ça peut t’enfermer dans une seule vision des choses. Pour élargir ton regard, suis des sources variées, même si elles ne vont pas toujours dans ton sens. Plus tu diversifies tes infos, plus tu pourras te faire une opinion équilibrée et réfléchie.
Ose réagir !
Si un post contient de la haine ou de fausses infos, n’hésite pas à le signaler aux plateformes ! Ne partage que ce que tu as vérifié et contextualisé. Ne joue pas la carte du sensationnel.
Agis aussi hors ligne
Internet, c’est bien, mais agir dans la vraie vie, c’est encore mieux ! Rejoins des assos, participe à des débats, parle autour de toi. Et surtout, dès que tu peux voter, fais-le et encourage tes proches à s’informer aussi. La démocratie, c’est l’affaire de tous !
Ne tombe pas dans le piège des provocateurs
Certains jouent sur la provocation pour attirer l’attention et créer du buzz. Si tu partages leurs contenus, même pour les critiquer, tu leur donnes encore plus de visibilité. Et si un débat tourne au harcèlement ou au troll, mieux vaut couper court plutôt que d’alimenter leur jeu.