Réformes de l’enseignement : ce qui change en 2026-2027

22 Sep | Études

Plusieurs réformes de l’enseignement font parler d’elles en 2026. Entre les règles de finançabilité dans l’enseignement supérieur, l’augmentation du minerval et le relèvement des seuils de réussite aux épreuves certificatives, il n’est pas toujours facile de comprendre ce qui change réellement. Nous avons décortiqué pour toi les nouvelles réglementations pour que tu y vois un peu plus clair.

1. Dans le supérieur : les règles pour rester « finançable »

De quoi parle-t-on ?

La finançabilité détermine surtout si l’établissement peut continuer à bénéficier d’un financement public pour l’inscription de cet étudiant.

Concrètement, qu’est-ce qui est demandé ?

Avant toute chose, voici quelques termes à savoir pour comprendre la suite :

Une inscription = une année académique
Un bloc = les crédits d’une année

Exemple :
Bloc 1 = 1re année → environ 60 crédits
Bloc 2 = 2e année → environ 60 crédits
Bloc 3 = 3e année → environ 60 crédits

Une unité d’enseignement (UE) = un élément de ton programme d’études auquel sont attribués des crédits.

Exemple concret

Imaginons un bachelier où tu as :

  • Introduction à la psychologie → 5 crédits
  • Psychologie du développement → 5 crédits
  • Statistiques → 5 crédits
  • Informatique → 5 crédits
  • Communication → 5 crédits

Chacun peut être une unité d’enseignement (UE).

Le premier cycle fait référence au bachelier. Le master n’est pas un premier cycle.

Pour un bachelier classique de 180 crédits, plusieurs « balises » doivent être respectées au fil du parcours.

  • Après une première inscription, il faut avoir acquis ou valorisé au moins une unité d’enseignement du premier bloc.
  • Après deux inscriptions, il faut normalement avoir validé les 60 crédits du premier bloc. Dans certaines situations, le jury peut toutefois maintenir la finançabilité, notamment lorsqu’au moins 50 crédits ont été acquis.
  • Après quatre inscriptions dans le premier cycle, il faut avoir acquis au moins 120 crédits.
  • Après cinq inscriptions, il faut avoir obtenu les 180 crédits du bachelier.

Exemple concret : Thomas commence un bachelier.

  • Après sa 1re inscription → il réussit seulement 5 crédits. Il a quand même validé une UE du bloc 1.
  • Après sa 2e inscription → il arrive à 55 crédits au total. Il n’a pas les 60 crédits du bloc 1.
    Mais comme il a obtenu au moins 50 crédits, le jury peut, dans certaines situations, décider de maintenir sa finançabilité.
  • Après sa 4e inscription → il arrive à 105 crédits. Il n’a pas atteint les 120 crédits demandés.
    À ce stade, Thomas n’est plus finançable sauf exception.

Il existe donc des exceptions et des situations particulières : réorientation, changement de cursus, allègement du programme, réussite complète du programme de l’année précédente, etc. La situation doit donc être examinée au cas par cas.

Ce que la FEF en pense :
La Fédération des étudiants francophones (FEF) conteste ces règles. Elle estime notamment qu’elles peuvent entraîner davantage d’exclusions, particulièrement pour les étudiants rencontrant déjà des difficultés. La FEF affirme avoir observé une forte hausse des situations de non-finançabilité dans les recours universitaires depuis 2022-2023. Elle précise toutefois que ses chiffres ne couvrent pas l’ensemble des étudiants concernés.

2. Le minerval augmente pour certains étudiants

À partir de l’année académique 2026-2027, le montant du minerval dans l’enseignement supérieur de plein exercice est réparti en quatre catégories, selon la situation financière de l’étudiant et de son ménage.

Situation Minerval 2026-2027
Bénéficiaire d’une allocation d’études 0 €
Condition modeste 374 €
Condition intermédiaire 835 €
Sans condition particulière 1 194 €

Pour déterminer la catégorie, l’administration examine notamment les revenus du ménage, le nombre de personnes à charge et d’autres éléments prévus par la législation. Pour 2026-2027, les revenus de référence sont ceux de 2024 figurant sur l’avertissement-extrait de rôle 2025. Les plafonds varient selon la composition du ménage.

Pourquoi cette augmentation ?

Le Gouvernement présente cette réforme comme une manière de faire davantage varier la contribution des étudiants en fonction des revenus. Il justifie également le taux plein de 1 194 € par le fait que le minerval n’avait pas été indexé depuis 2011.

Ce que la FEF en pense :
La FEF conteste cette augmentation et estime qu’elle risque d’augmenter le coût des études pour une partie des familles, notamment celles qui dépassent les plafonds donnant accès aux tarifs réduits.

3. Le seuil de 60 % : attention à ce que cela signifie

Le changement concerne les épreuves externes certificatives : le CEB, le CE1D et le CESS. La première application est annoncée pour juin 2027.

CEB
Pour obtenir le CEB, l’élève devra obtenir :

  • au moins 50 % dans chaque matière évaluée ;
  • et une moyenne globale d’au moins 60 %.

CE1D

Le seuil est fixé à 60 % à chaque épreuve externe certificative. Cela ne signifie toutefois pas que le conseil de classe disparaît : il conserve son appréciation globale du parcours de l’élève.

CESS

Même principe : l’élève devra atteindre 60 % à chaque épreuve externe certificative concernée. Là encore, le CESS ne repose pas mécaniquement sur une seule note : le jury ou le conseil de classe conserve son rôle pédagogique.

Pourquoi relever les seuils ?

Le Gouvernement explique vouloir renforcer les exigences et s’assurer que les élèves disposent d’une maîtrise suffisamment solide des apprentissages de base.
Il fait notamment référence au décalage entre le taux de réussite élevé au CEB et les taux de redoublement observés ensuite dans certaines années du secondaire. Il défend également l’idée d’une « culture de l’effort », accompagnée d’un meilleur suivi des élèves en difficulté.

Ce que la FEF en pense :
La FEF critique également le relèvement des seuils de réussite, qu’elle considère comme susceptible d’augmenter la pression exercée sur les élèves et le nombre de situations d’échec. Cette mesure doit toutefois être nuancée : un résultat inférieur à 60 % à une épreuve externe ne signifie pas automatiquement un échec au certificat, puisque le conseil de classe conserve son pouvoir d’appréciation.

Conclusion

Ces mesures font l’objet de débats. Pour les comprendre correctement, il est utile de distinguer les règles qui sont effectivement prévues par les textes, les objectifs avancés par le Gouvernement et les critiques formulées notamment par les organisations étudiantes.

Si tu désires avoir plus de détails sur ces nouvelles règles voici quelques liens utiles :

Source officielle principale — Vade-mecum Financement 2026-2027 https://www.comdel.be/wp-content/uploads/2026/08/Vdm_Financement_Juillet26_vfin.pdf — voir notamment art. 5, §1er et §2
Source officielle — Vade-mecum Paysage 2026-2027 — https://www.comdel.be/wp-content/uploads/2026/08/Vademecum_Paysage_Juillet26_vdef.pdf — voir notamment art. 100 sur le PAE et le bloc 1
Page officielle des vade-mecums 2026-2027 — https://www.comdel.be/vade-mecum/
Justification gouvernementale de la réforme de 2021 https://gouvernement.cfwb.be/files/Documents/Gouvernement/20210902_CP%20GFWB.pdf
FEF — communiqué sur la non-finançabilité (16 décembre 2025) https://fef.be/communique-presse/les-chiffres-de-la-non-financabilite-montrent-les-effets-nefastes-du-decret-glatigny/ — source de position étudiante, à attribuer
FEF — page finançabilité — https://fef.be/financabilite/