Le 17 mai a été choisi par l’Organisation Mondiale de la Santé comme date pour la Journée internationale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie célébrant le jour où l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales.
Du chemin a été fait depuis. Malheureusement, on observe une augmentation des violences à caractère homophobe et transphobe. UNIA et l’IEFH quant à eux ont clôturé plus de 45 dossiers d’agressions en 2024 avec coups et blessures liées à l’orientation sexuelle en Belgique. Mais, le reste de l’Europe est également touché par cette augmentation. Les données du JOP montrent également une dégradation des attitudes envers l’homosexualité entre 2018 et 2023. Et de plus en plus de jeunes considèrent désormais l’agression contre des personnes homosexuelles comme acceptable. Environ 1 jeune sur 5 exprimait en 2023 une forme d’accord avec des attitudes violentes ou discriminatoires.
Tout cela démontre que la lutte doit continuer car le combat envers la discrimination et les violences contre la communauté LGBT+ n’est pas fini.
Pour en savoir un peu plus nous avons décidé d’interviewer Valentine DEGOSSERIE, assistante sociale à la Maison Arc-en-Ciel de Charleroi et référente pour le Refuge LGBTQIA+ de Charleroi.
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- Que représente pour vous la journée du 17 mai (Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie) ?
Hormis le fait d’être la Journée Internationale de lutte contre les LGBTQIA+ phobies en tant que telles, cette journée est également l’occasion de visibiliser plus concrètement la communauté LGBTQIA+ et les discriminations auxquelles elle est confrontée quotidiennement. C’est également l’occasion de militer pour ses droits, et de se solidariser dans le cadre de cette lutte commune. - Est-ce que vous organisez des actions spécifiques à Charleroi autour de cette date ?
Plusieurs actions sont organisées, d’une part par la Ville de Charleroi : une table ronde, un stand à Rive Gauche (tenu par la MAC) … et d’autre part, par la Maison Arc-en-Ciel : atelier création de pancartes pour la Pride de Bruxelles et départ groupé en train à partir de Charleroi dans le cadre de cette dernière. Les activités varient d’année en année.
- Que représente pour vous la journée du 17 mai (Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie) ?
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- Comment décririez-vous la situation des personnes LGBTQIA+ en Belgique aujourd’hui ?
Cela dépend des personnes et de leurs situations personnelles, mais je dirais que, globalement, il y a encore énormément de discriminations visant la communauté LGBTQIA+, particulièrement les personnes transgenres. Une partie des personnes que j’accompagne sont plus fragiles et souffrent de troubles de santé mentale. Ces troubles sont généralement engendrés par un mal-être dû à la dysphorie de genre (mal-être ou inconfort qu’une personne peut ressentir quand le genre qu’on lui a attribué à la naissance ne correspond pas à la manière dont elle se ressent profondément), l’isolement ou le rejet des proches.
- Comment décririez-vous la situation des personnes LGBTQIA+ en Belgique aujourd’hui ?
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- Avez-vous observé une évolution ces dernières années (positive ou négative) ?
Oui, une évolution plutôt négative, notamment sur les réseaux sociaux. Il y a de plus en plus de commentaires haineux sur des publications types comme par exemple l’annonce d’activités LGBTQIA+, ou sur des comptes de personnes faisant partie de la communauté.
- Avez-vous observé une évolution ces dernières années (positive ou négative) ?
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- Est-ce que vous observez une montée de certains discours ou violences ?
Oui, absolument. Certaines personnes tiennent parfois des propos très violents. Par exemple, en 2024, alors que la Ville de Charleroi avait mis en avant les actions menées par celle-ci dans le cadre du 17 mai sur Facebook, certaines personnes avaient tenu des propos très violents dans les commentaires, tels que « Dans les trains comme en 39 ».
- Est-ce que vous observez une montée de certains discours ou violences ?
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- Quels types de discriminations ou violences sont les plus fréquents ?
Je dirais que ce sont principalement les discriminations et violences verbales.
- Quels types de discriminations ou violences sont les plus fréquents ?
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- Quelles tendances observez-vous en Europe aujourd’hui (progression ou recul des droits) ?
Il y en a plusieurs, dans différents pays, et celles-ci sont généralement négatives. En Hongrie : interdiction de la Pride et projet d’amendement constitutionnel hostile aux droits LGBTQIA+ ; au Royaume-Uni : exclusion des femmes transgenres de la définition du mot « femme » ; en Slovaquie : restriction des droits des personnes LGBTQIA+ par le parlement, notamment en matière de reconnaissance juridique et de protection contre les discriminations…
- Quelles tendances observez-vous en Europe aujourd’hui (progression ou recul des droits) ?
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- Quels types d’accompagnement proposez-vous concrètement aux personnes en difficulté ?
Un accompagnement psychosocial par le biais de permanences (avec ou sans rendez-vous) tenues par les assistantes sociales de la Maison Arc-en-Ciel.Cela peut être des entretiens individuels pour les personnes directement concernées ou leurs proches, mais également des entretiens en couple ou en famille (bien que plus rares dans la réalité de terrain).La MAC organise également des activités de groupe (ateliers créatifs et culinaires, groupes de parole, après-midi jeux de société…) de façon hebdomadaire.Ces activités ont pour but d’offrir une « safe place » et un endroit de sociabilisation aux personnes qui y participent.
- Quels types d’accompagnement proposez-vous concrètement aux personnes en difficulté ?
- Vers quels organismes peut-on se tourner en Belgique ?
Auprès des différentes Maisons Arc-en-Ciel, de manière générale.Au niveau des discriminations basées sur l’orientation sexuelle, on peut déposer un signalement auprès d’UNIA (institution publique indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l’égalité des chances).Pour les discriminations liées au genre (transphobie), un signalement peut être déposé auprès de l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes (IEFH).Concernant les situations les plus graves (exemple : harcèlement, violences physiques, etc.), une plainte peut être déposée à la police. Au niveau de Charleroi, nous avons un policier référent spécialisé dans les crimes de haine, mais ce n’est pas le cas partout.
Le Centre Ener’J organise des animations de sensibilisation sur la thématique des identités de genre. Pour plus d’information rendez-vous sur : https://enerj.be/animation/identites-de-genres/

